Honorons le Bénévolat !

Ana Roch

Ana Roch

De manière générale, la pratique du sport est actuellement encouragée. Les valeurs qu’elle véhicule et les bienfaits qui en découlent expliquent un tel engouement. Au-delà de l’apport au plan individuel, nous pouvons affirmer que le sport joue un rôle sociétal important, notamment en ce qui concerne sa dimension éducative et de son aspect récréatif (le « défouloir »). Il existe de réelles opportunités d’intégration sociale par ce biais. En effet, de nombreuses études ont révélé l’impact positif du sport sur les mécanismes participatifs à la vie communautaire.

Par exemple :

  • Amélioration de sa qualité de vie
  • Facilité d’intégration par la langue française grâce à l’appartenance à un groupe et donner la possibilité de mieux connaître la géographie genevoise
  • Augmentation de la cohésion sociale, communautaire et familiale
  • Meilleure estime de soi et plus grande confiance en soi
  • Réduction des comportements antisociaux
  • Elargissement des réseaux sociaux par l’augmentation des interactions
  • Opportunités de mobilité sociale
  • Apprentissage de la vie collective dans un cadre normé
  • Découverte simultanée de la distribution des rôles sociaux
  • Initiation aux valeurs de justice et d’égalité, conjuguées à l’esprit du fair-play. 
  • Acceptation de la défaite, développement du respect de « l’adversaire »
  • Maîtrise de soi

Par mon implication dans le comité du FC City, j’ai eu la chance de pouvoir tester et attester de ces bienfaits. En effet, nous avons mis en place, grâce à un entraîneur (éducateur de profession) un programme d’intégration de jeunes désirant pratiquer le football.

Ces jeunes sont des primo arrivants à Genève. L’objectif est de leur offrir la possibilité de rencontrer d’autres jeunes au travers d’une activité sportive.

Dans un premier temps, nous évaluons la progression du joueur. Ensuite, il peut demander sa qualification pour faire partie de l’équipe lors du championnat officiel. En s’inscrivant au club, le joueur signe une charte « bonne conduite » et ainsi s’engage à respecter des règles précises de comportement envers ses coéquipiers et l’entourage de l’équipe (arbitre, entraîneur, parents,…).

Pour vous citer un exemple, nous avons accueilli un début de championnat deux jeunes récemment scolarisés en classe accueil au sein d’un établissement genevois. Ils ont pu rejoindre une équipe de juniors. Aujourd’hui, un, de ces joueurs fait d’ailleurs partie du contingent et peut participer au championnat. En effet, les démarches de qualification ont été faites rapidement. Il est parfaitement bien intégré à l’équipe. Il est largement apprécié de ses coéquipiers et le staff technique.

Pour l’autre joueur,  s’il le désire, sa qualification se fera pour le début de la saison prochaine.

Ce cheminement est bénéfique à plusieurs titres. D’une part, il facilite une réelle intégration sociale pour le jeune grâce à la possibilité de l’orienter vers un club de foot genevois. D’autre part, il permet d’intégrer plus rapidement l’apprentissage du français en ayant la possibilité de se faire des amis.

A noter que ces démarches sont récentes et sont le fruit d’expériences et négociations mises en place depuis plusieurs années.

Ce projet a été présenté au Conseil administratif sortant qui n’a pas considéré ceci comme un réel aspect social et n’a pas voulu entrer en matière. Mauvaise appréciation, puisque ce projet a été reconnu par le B.I.E. (Bureau pour l’Intégration des Etrangers). Cette organisation officielle a contribué par le biais du subvention à la pérennité de ce programme.

Ceci n’est qu’un exemple d’expériences conduites au sein des diverses associations et/ou collectif d’habitants.

En tant que présidente de la commission des sports, tout au long de cette législature, j’ai pu prendre conscience de l’investissement des bénévoles dans le sport comme dans d’autres activités et des retombées et influences positives sur le « mieux-vivre ensemble ». Il est temps de reconnaître ce travail et d’y mettre les moyens adaptés et nécessaires.

Il est primordial de soutenir à hauteur de leurs engagements l’ensemble des bénévoles des clubs sportifs et autres associations de notre commune. Faute de quoi, à force de trop tirer sur la corde ils vont s’essouffler.

Je vous rappelle les paroles de Madame Calmy-Rey, laquelle relevait :

« En Suisse, un quart des habitants effectue une activité bénévole. Les 1,7 millions d’heures de travail non payés effectuées en 2010 par les 70’000 bénévoles dans tout le pays correspondent à une prestation de 50 millions de francs. Le travail bénévole doit être reconnu et honoré. Il est certes gratuit, mais pas sans valeur !»